Articles de Presse
Karaté Bushido mars 2011
Article parut dans Karaté Bushido de mars 2011, téléchargeable en cliquant sur ce lien: Article Karaté Bushido - Mars 2011
Jean-François Lenogue : expert des arts martiaux vietnamiens, il a acquis sa notoriété en combat libre. Un guerrier aussi efficace que sympathique.
Il s'appelle Jean-François Lenogue, il est né le 29 novembre 1972. Il mesure 1m83 et pèse environ 85kg de muscles denses et durs. C'est un expert des arts martiaux vietnamiens mais il a acquis sa notoriété en filant des roustes à ses adversaires en combat libre. Rencontre avec un guerrier aussi efficace que sympathique.
Salut Jeff, peux-tu te présenter pour nos lecteurs qui ne te connaissent pas ?
Bonjour ! Je m'appelle Jean-François Lenogue, je suis pratiquant de Vo Thuat depuis 1987 et maître (VOSU) depuis 2008 ainsi que freefighter professionnel depuis 1999.
A la différence de la plupart des combattants professionnels, tu ne viens pas du muay thai ni du ju-jitsu, mais tu es un véritable expert des arts martiaux vietnamiens. Peux-tu nous en dire plus sur ton passé martial ?
Je suis effectivement issu d’un art martial vietnamien, le Vo Thuat Co Truyen, que l’on appel aussi Vo Thuat Van Vo Dao, mais j’ai aussi pu pratiquer durant mon parcours sportif, de la boxe française, de la boxe thaïlandaise et du taekwondo. Je suis féru d’arts martiaux de tout horizon et je recherche sans cesse une nouvelle pratique martiale pour parfaire la mienne. Ma discipline de prédilection reste bien sûr le Vo Thuat mais pratiquer d'autres arts martiaux permet d’avoir une plus grande ouverture d’esprit.
Au début je cherchais plutôt le contact, donc je me suis tout naturellement dirigé vers des sports dits "externes". Aujourd’hui, ayant acquis de l’expérience à travers mes combats et mes différentes pratiques, je me dirige plus particulièrement sur des sports dits "internes" du type Yoga Bikram, Aïkido, etc.
Et comment s'est opéré ce passage du Vo Thuat vers les mixed martial arts ?
Au début, je ne voulais pas ! Je ne voyais pas du tout l’intérêt ni même le but de cette pratique mais mon professeur de Vo Thuat, Kamel Taam, a insisté deux années de suite, me disant que j’allais faire découvrir le Vo Thuat dans l’Hexagone... Donc en 1999, je me suis décidé à franchir le pas et je ne le regrette pas !
Aujourd’hui, j’y trouve mon équilibre non seulement sur la réalité des combats mais aussi sur l’efficacité des techniques utilisés, ce qui me permet de me rapprocher aisément de mon art martial.
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Rares sont les combattants français qui restent en France en combattant à un niveau international. A part Antony Réa, Cyrille Diabaté et toi, c'est un peu l'exode... Comment expliques-tu ce phénomène ?
Nous avons été les pionniers en France de ce sport tout nouveau et donc, tout naturellement, nous y avons été avec nos armes, c'est-à-dire ce qu’on nous avait enseigné... On faisait ce qu’on savait faire ! Il fallait à l’époque une sacré dose de courage pour oser se rendre dans un pays qu’on ne connaissait pas, et pour gagner très peu d'argent voire pas du tout, tout ça pour combattre contre un inconnu dont on ne savait rien ou très peu de choses. Mais peu nous importaient les conditions dans lesquelles on se trouvait ; tout ce qui comptait pour nous, c’était de combattre.
Aujourd’hui, le MMA a bien changé ! Il est médiatisé et personne ne voudrait plus combattre dans ces conditions là... Notre époque est bien révolue : il faut le confort et surtout les primes de match pour les nouveaux fighters. Il est complètement inconcevable pour eux de combattre gracieusement. De plus, nous venions tous d’un art martial ou d’un sport de combat mais aujourd’hui ce n’est plus le cas. Les mecs commencent directement par le MMA et le pire, c’est qu’ils sont bons ! Donc ils vont chercher directement à la source pour progresser et devenir des champions en moins de temps possible. Et la source, c'est quand même plutôt le continent américain...
Justement : si les combattants des circuits américains sont parfois des superstars comme Brock Lesnar, comment gagne-t-on sa vie en étant combattant professionnel, surtout quand on est français ?
Tout d’abord, c'est clair que notre système ne nous permet pas de vivre de ce sport, ou de n’importe quel autre sport, d'ailleurs, mis à part le football et quelques autres, mais la liste est courte. Le MMA n’est pas du tout reconnu en France, et pire encore : il est fortement décrié et interdit. Mais petit à petit la tendance pousse à l’inverse... En attendant, c'est pas compliqué : les combattants sont obligés de travailler en parallèle de leur sport pour subvenir à leurs besoins... C’est alimentaire !!!!
Et à quoi ressemble la vie d'un combattant professionnel ? C'est plutôt une vie de moine ou plutôt une vie de hell's angel ?
Je dirais les deux parce que globe-trotter à travers le monde, soit pour combattre, soit pour s’entraîner... et casanier car pas de sortie, pas d’alcool et pas de drogue !
Puisqu'on parle de drogue : qu'en est-t-il du dopage dans le monde des MMA ?
Le dopage en MMA doit exister comme dans tous les sports à haut niveau mais il reste encore rare dans des organisations de type moyen. Pour les grosses orgas, j'imagine que c'est autre chose... Chacun fait ce qu’il veut mais le jeu en vaut-il vraiment la peine ? Quand on voit ce qui peut en découler pour la santé, mieux vaut ne pas jouer avec sa vie !
Tu as deux combats programmés très prochainement : le 27 novembre et le 19 décembre. Qui sont tes adversaires ?
J'ai un combat le 27 novembre en Belgique, à Liège, contre un Serbe du nom de Damir Mihajlovic, qui possède un palmarès de 7 victoires et 5 défaites. ... Par contre, pour le 19 décembre, j'attends encore !
Et comment te prépares-tu à ces échéances ?
Entraînement deux fois par jour : musculation et cardio-training tous les matins, Vo Thuat tous les soirs... sauf le mardi, je rajoute du sparring MMA.
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Eh bien merci pour ces informations et bon courage pour tes combats !



